Dossier du Loup (France)
Le loup
Depuis 1992, le loup est de retour en France!



Pour certains (chasseurs, éleveurs et bergers, élus locaux), ce fut un événement qui a réveillé des peurs qui sommeillaient dans l’inconscient et que ravive le conte du “Petit chaperon rouge” pris au premier degré.

Pour notre Ligue ROC, c’est un signe d’espoir dans l’incommensurable puissance de la vie sur la planète. Le loup, de retour en France, en provenance d’Italie d’où il n’a jamais disparu, nous prenons mieux conscience que notre pays dispose de grands espaces.

Comme le dit France Nature Environnement (Fédération à laquelle nous sommes affiliés) “Soyons convaincus, avec des millions de Français, que nos montagnes peuvent à la fois résonner du chant des loups et de celui des sonnailles”.

Notre Ligue ROC travaille au sein de la Mission Loup de FNE dont voici la position: “De même qu’il ne connaît pas les frontières, le loup ignore la différence que nous faisons entre la faune sauvage et les troupeaux domestiques. Il va simplement au plus facile. À nous de mettre en place des moyens de protection adéquats : la dissuasion est la meilleure technique pour défendre les troupeaux. Les exemples de plusieurs pays européens, ainsi que la réussite des expériences menées en France, prouvent qu’une cohabitation intelligente est possible.

Le loup ne doit donc pas devenir le bouc émissaire d’une profession en difficulté : les chiens en divagation ont une grande part de responsabilité dans les attaques des troupeaux et les problèmes sanitaires et économiques rencontrés par les éleveurs sont nombreux. La contrainte que représente le loup doit donc être relativisée et hiérarchisée.

Cependant, cette contrainte ne doit pas être supportée par les éleveurs seuls mais par l’ensemble de la collectivité. Il est donc nécessaire que l’État s’implique durablement dans des mesures d’accompagnement aux éleveurs. Mais il est tout aussi indispensable que tous les éleveurs adhèrent aux moyens de prévention proposés et financés par l’Etat et par l’Europe.

Dépassons nos peurs !

Tout risque sanitaire de transmission de maladies par le loup a été écarté par le laboratoire de recherche sur la rage et la pathologie des animaux sauvages (AFSSA Nancy).

Il n’existe pas de danger pour la sécurité des personnes : aucun des pays où le loup est présent n’a connu d’attaques sur les humains.

Une sélection naturelle et qualitative sur ses proies, préférant toujours les bêtes blessées ou affaiblies. Il n’a jamais mis en péril les espèces qu’il chasse depuis des milliers d’années !

Extraits de nos propositions pour l'avenir du loup

Le loup et le pastoralisme

Il ne s’agit pas de vivre à nouveau comme autrefois mais de privilégier les techniques pastorales permettant de travailler en présence du loup :

  • présence permanente d’un berger (ce qui n’est pas encore systématiquement le cas),
  • utilisation de chiens de protection (ce qui n’est pas généralisé),
  • maintien des animaux en troupeau et surveillance de jour comme de nuit (ce qui n’est toujours pas effectif),
  • regroupement nocturne du troupeau en bergerie ou dans des parcs fixes ou mobiles.

Le loup et la chasse

Afin d’éviter le report de la prédation sur le cheptel domestique, la part du loup doit être prise en compte lors du calcul des plans de chasse aux ongulés sauvages (chamois, mouflons, chevreuils, cerfs).

La connaissance du loup

Les études scientifiques visant à améliorer la connaissance de l’espèce sont à encourager, elles doivent être coordonnées par un comité de pilotage mis en place par l’administration. Il est souhaitable d’établir des échanges entre scientifiques nationaux et internationaux afin que la connaissance de l’espèce soit améliorée, valorisée et accessible. Les actions pédagogiques visant à la connaissance et à la protection du loup sont à développer, y compris dans les programmes officiels de l’Éducation Nationale.

L’intérêt économique et touristique du loup

Un label «produits du loup» pourrait valoriser les fromages de brebis, la viande de mouton et autres produits issus des régions à loups. Les propositions responsables et raisonnées permettant de développer un éco-tourisme autour du loup doivent être encouragées afin de profiter à la vie locale (conférences, sorties nature, musée du loup...)”.

Le loup arctique!
Loup et pastoralisme: deux atouts pour la montagne

Communiqué de la Ligue ROC (19 juillet 2004)


En affirmant que le retour du loup est positif, en renonçant à l'idée d'une régulation pour limiter l'expansion de la population et en organisant par des mesures financières la cohabitation entre le loup et le pastoralisme le Ministre pose les bases de la seule politique possible pour sortir d'une situation conflictuelle.

Pour la Ligue ROC, il n'y a pas d'un côté le loup et de l'autre l'élevage, il y a l'avenir de territoires à double vocation donc double atout, assurant la présence du loup et la viabilité économique d'un pastoralisme de qualité.

Bien sûr nous regrettons la possibilité offerte de tirer quatre loups mais surtout nous prenons acte, avec satisfaction, de l' affirmation que le loup peut avoir un avenir sur tout le territoire et que cet avenir est à débattre au sein de la société française.

Derrière cette double approche, assurer la présence dynamique du loup et l'avenir du pastoralisme, une chance est offerte à la démarche plus globale permettant d'enfin assurer dans notre société une réelle place à la nature sauvage.