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Pourquoi l'économie mondiale est-elle en déroute?

Je ne suis pas un économiste et ma réponse ne nécessite pas un doctorat en économie pour être comprise.

C'est pourquoi, je propose de revenir vraiment à la base. Débutons donc par un peu d'étymologie avec le mot Économie qui provient de "Éco" du grec "oikos" qui veut dire: maison et "nomie" du grec "nomos" qui veut dire: gérer, administrer

Donc Économie au sens étymologique veut dire "Gérer notre maison". Mais qu'est-ce que notre "maison" dans l'économie mondiale? N'est-ce pas notre planète? La réponse est oui car l'économie est intimement liée à la planète et ce à tout les niveaux, que ce soit les ressources naturelles, l'énergie, le climat, la biodiversité, etc... Pour ceux qui pourraient en douter, voyez ce vidéo "Story of stuff" qui résume très bien le fonctionnement de l’économie mondiale.

On retient donc que Économie revient à dire au sens étymologique "Gérer notre planète".

Pour sa part, Écologie provient de “Éco” du grec “oikos” qui veut dire: maison et “logie” du grec "logos" qui veut dire: science, connaissance. C’est pourquoi, Écologie revient à dire “Science ou connaissance de la maison” ou plus précisément: “Connaissance de notre planète”.

C'est pourquoi, depuis le 30 janvier 2012, j'utilise souvent cette expression: "Prioriser l'économie sans tenir compte de l'écologie, c'est comme vouloir gérer notre planète sans la connaître..." ce qui n'a évidemment aucun sens... et c’est pourtant ce qui est fait de plus en plus...

Pourtant, n'est-il pas évident que pour gérer une organisation, association, ville ou toute autre entité, il faut d'abord bien la connaître? et ne faut-il pas considérer dans cette gestion, tout ce qui se passe dans cette organisation et tout ce dont elle dépend, à savoir, les matières premières, ses employés, ses compétiteurs, sa clientèle, l'environnement dont elle dépend, etc ... Tous ces facteurs doivent être suivi de près au moyen d'indicateurs qui permettent dans l'ensemble, de connaître l'état de santé de l'organisation et les tendances dans le temps pour chacun de ces facteurs. Le gestionnaire avisé utilise typiquement un outil de suivi ou "Tableau de bord" qui permet, comme celui d'une voiture, de gérer et "diriger" cette organisation en fonction de ces fameux indicateurs et prendre les bonnes décisions: accélérer, tourner à gauche, ralentir, mettre de l'essence, changer l'huile, etc... C'est le même principe pour une organisation. La différence se situe dans le nombre d'indicateurs, la complexité à les obtenir, les suivre et prendre les bonnes décisions en fonction de l’évolution de chacun.

C'est pourquoi une maxime bien connue en gestion est "Qu'on peut bien gérer que ce que l'on peut mesurer"... Il est effectivement difficile de savoir si l'on dépasse ou non la limite de vitesse permise sans un indicateur de vitesse ("speedomètre") et savoir quand changer l'huile sans un "odomètre", etc...

D'autre part, l'un des grands défis en gestion est de trouver un bon équilibre entre les différents indicateurs à suivre et gérer. Par exemple, dans une organisation, il y a 3 grands axes de gestion: la productivité/rentabilité, la satisfaction de la clientèle et la mobilisation des employés. Un dirigeant qui ne se concentre que sur l'un ou l'autre de ces axes court à la catastrophe en peu de temps car une organisation ne peut survivre ou atteindre son fonctionnement optimal sans garder un certain équilibre entre ces 3 axes qui se déclinent eux-mêmes en sous-indicateurs.

Avec tout ce qui précède en tête, revenons à notre question initiale, pourquoi l'économie mondiale est-elle en déroute? ma réponse est toute simple et se résume en ces deux points.


1. Ceux qui la gère ne comprennent pas (ou ne veulent pas comprendre) qu’ils doivent tenir compte de l’écologie pour bien la gérer.

2. Ceux qui la gère ne maintiennent pas un équilibre adéquat entre les facteurs dont elle dépend pour en assurer le rendement optimal et durable.


Le point 1 se manifeste par le refus des dirigeants du monde de considérer les informations et alarmes provenant de l’écologie. Pourtant, cette dernière permettrait d’informer les dirigeants des impacts de l’économie sur la biodiversité, la biosphère, le climat, l’énergie, la pollution, la capacité des ressources naturelles à se régénérer, etc... Ils pourraient ainsi prendre des décisions plus éclairées qui aboutiraient à des solutions plus réalistes et plus durables.

Le point 2 se manifeste par l’idéologie néolibérale et son désir de croissance de plus en plus grande qui induit nécessairement deux déséquilibres majeurs:


1. elle vise non pas à gérer mais plutôt à exploiter notre planète comme si elle avait des ressources illimitées ou des capacités infinies à se renouveler.

2. elle vise la satisfaction de la Classe dominante, le 1% au dépend de tous les autres humains, le 99% ...






Photo Éco vs Égo

Photo par "Open your eyes"



En résumé, l’économie mondiale est dirigée par une Classe dominante qui, d’une part, ne tient pas compte des capacités de la planète à supporter durablement son idéologie néolibérale et d’autre part, qui ne pense qu’à elle (Égo) et ses propres bénéfices au dépend du reste de l’humanité.

C’est pourquoi, j’estime que la “sacro-sainte” Économie mondiale est plutôt une "Égonomie mondiale"...

Le réveil en cours au Québec et dans le monde est une réponse inévitable et essentielle pour transformer cette “Égonomie mondiale” en une réelle “Économie mondiale” qui tiendra compte des capacités limitées et pas toujours renouvelables de la Terre et qui partagera plus équitablement les richesses (naturelles et financières) entre tous les humains et la biodiversité.

Cette réforme est essentielle pour assurer l'arrivée d'une nouvelle génération de dirigeants plus humains, plus justes et plus conscients qui resitueront le Bien commun actuel et futur au coeur des priorités de l'économie (qui doit être un moyen et pas une fin) et qui verront à maintenir une évolution responsable et durable de celle-ci...


Michel Lamarche, 28 mai 2012

Cet article a été publié sur le site Humanité et Biodiversité de l'association du même nom, présidée par M. Hubert Reeves.





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